Youze

Il était une fois

Un jeune Malien immigré à Paris. Allocations, assistanat: connaît pas. Quant au droit du travail… Le patron décide, un point c’est tout.

Voilà comment Youze s’est retrouvé à dormir en sous-sol, dans la cuisine du restaurant qui l’employait. Par chance, tout le monde apprécie son travail. Donc quand il ne peut de se faire exploiter ici, il part apprendre un autre métier là-bas: plongeur, maçon, aide-cuisinier, peintre…

Quant à moi, j’en ai fait mon modèle préféré. Parce que j’aime sa bouille, son énergie. Parce que j’aimerais que quelques-uns de mes amis RMIstes fatigués de ne rien faire puissent en prendre de la graine… Moi la première, d’ailleurs.

Quand il me traite de “Fille à papa”, je fais la gueule. Mais c’est de bonne guerre: il s’inquiète de me voir hésiter, en permanence, sur la voie à suivre. Je m’inquiète de le voir incapable de s’établir pour de bon comme il le mérite, que ce soit à Paris ou au Mali. Chacun sa galère.

Du bruit. Des odeurs. Pas de visage

Toujours est-il que les aventures de Youze en France sont infiniment plus concrètes que les grands discours du gouvernement sur “l’immigration choisie”. Personne n’a demandé à Youze de venir en France: c’est parce qu’il l’a décidé seul, sans rien demander à personne, qu’il fait aujourd’hui le bonheur de ceux qui l’emploient.

Même la France m’aime

Les grands patrons du BTP, de la restauration, le savent bien. Mais ils évitent de le dire tout haut: un immigré motivé, c’est bon pour les affaires. Un immigré clandestin, ça coûte moins cher et ça n’a jamais le mauvais goût de réclamer son dû.

Une ombre dans la ville

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